Kaokoland, à la rencontre du peuple Himba…
Depuis des années le peuple ocre de Namibie me fascine! Reportages, récits de voyage, photos, livres et encore fournissent grands nombres d’informations sur le peuple Himba … mais rien ne remplace l’envie de rencontre !
Octobre 2008 je prends la route pour me rendre à l’extrême nord de la Namibie dans le berceau du peuple Himba !
Autant de questions me traversent l’esprit ? Pourquoi suis-je attirée par ce peuple ? Qu’est-ce que je viens y chercher ?
Les pistes emmenant aux confins de ces terres laissent le temps à la réflexion. Traverser des étendues sur des kilomètres sans rencontrer âmes qui vivent. Admirer un panorama où l’on se sent dans un autre monde ! Constater que le désert prend le dessus et impose des conditions de vie très rudes au monde animal. S’arrêter là ou l’on pense qu’il n’y a rien et y voir la vie en admirant le maître de ces lieux : l’oryx. S’émerveiller à la vue de minuscules pousses bien vivantes dans un sol fait de cailloux multicolores.
Ils sont là avec leurs troupeaux. Des vaches et des chèvres, arrivant de tous côtés pour être abreuvés. Un enfant berger, une fille vachère, leur vie simplement…. Nous sommes au puit d’Orupembe.
Combien de kilomètres ont-ils parcouru ? Viennent-ils souvent ? Est-ce le seul puit à la ronde ? Où vivent-ils ? De quoi vit ce peuple ? Que mangent ces animaux ?
Tant de questions, mais aussi un sentiment étrange. J’ai l’impression d’être devant un écran géant ! Les contrastes sont puissants.
Eux, vêtus d’une peau de chèvre, de bijoux et de coiffures magnifiques et toutes significatives de leurs rangs, leurs âges, le statut.
Moi, sortant d’un Landrover 4×4, chaussée de cuir pour mon confort, la peau rougie par le soleil malgré l’écran total, venant chercher dans ce lieu précis notre richesse à tous: l’eau !
Mon sourire ne trouve pas grâce à leurs yeux, nous nous épions du coin de l’œil, je ne veux pas les déranger mais je réalise qu’il est tard pour agir.
Donc en toute simplicité je bouge, je puise l’eau, j’échange un regard, je me laisse observer, je n’essaie pas de traduire leur rire à mon égard ! Ils sont les maîtres des lieux.
La piste défile en direction du Marienfluss pour se rendre sur les bords de la rivièreKunene, frontière naturelle entre la Namibie et l’Angola.
Dieu que c’est beau, grandiose, harmonieux, sinueux, caillouteux et désertique ! Si je devais donner un visage à la Paix elle aurait les contours et les traits des paysages du Kaokoland profond.
Ma première nuit sur les terres du peuple Himba se passe à quelques mètres d’un Kraal abandonné. Le peuple himba, semi-nomade déserte pour un temps son village et s’en va en quête de terres plus riches pour nourrir son bétail ! Un peu la transhumance de nos latitudes.
Au matin je visite le village abandonné. Reste quelques traces de la vie d’Himba ! Une mèche de cheveux enduits de terre, une calebasse vide au fond de la hutte, mais aussi un caillou poli par toute la pierre qu’il a pilé dans le mortier. La poudre de pierre une fois pilée est mélangée à de la graisse afin d’en faire la pâte si caractéristique des himbas.
Je pose le caillou au creu de ma paume, je le hume, l’admire. Combien de mains l’on tenu? Je le repose là ou je l’ai pris en espérant que bientôt il sera à nouveau au chaud dans les mains d’une Himba!
(Plus au nord dans un autre village également délaissé par ses habitants un caillou similaire m’a été offert! Aucune valeur mais peut-être l’objet auquel je tiens le plus autant par sa signification que dans le contexte qu’il m’a été offert! Merci…)
Je m’assois dans ce lieu déserté de ses habitants mais empreint d’odeur.
J’y suis ! La quiétude grandissante ressentie en cours de voyage s’installe, s’empare de moi ! Je voudrais rester là…. Attendre je ne sais quoi, simplement profiter de l’instant présent, jouir de ce baume qui coule dans mes entrailles, profiter de la chaleur qui m’enveloppe !
Mais notre beau Landrover m’attend il est l’heure de poursuivre la route, d’aller un peu plus loin de s’enfoncer un peu plus dans ces contrées ou il me semble que le temps s’est arrêté.
Bien d’autres villages se laisseront apercevoir sur le bord de la piste ! Certains plus récents que d’autres ou les branches de mopanes trônent fièrement dans la structure du Kraal.
Lors d’un arrêt au beau milieu de la piste les enfants himbas du village voisin s’approchent et après quelques mots incompréhensibles de part et d’autres mis à part le mot Sweet …. se sont par les gestes que les petits villageois nous font comprendre qu’ils souhaitent nos chaussures…
Que faire ? Donner tout ce que l’on possède ? A chacun son avis…. pour connaître le mien (le notre) la réponse se trouve sous:
http://www.mynamib-africa.com/index.php/fre/nos-services/concept-novateur-safari-namibie
Puis au fil des jours je ressens de plus en plus notre véhicule comme une intrusion dans leur vie.
Il va trop vite, il est comme un jeune cheval fougueux et infatigeable! Nous sommes capables, certes de prendre des pistes escarpées qui offrent de belles sensations mais la force de cet engin n’est pas en adéquation avec l’ambiance des lieux! Aller du point A au point B en voyant défiler le paysage offre un maximum de paysages en un minimum de temps mais mon idéal est d’en voir moins mais à mon rythme!
Ce qui fait que plus les jours passaient plus la marche me manquait. A chaque pas s’offrir le luxe d’entendre son souffle, s’arrêter, admirer, scruter l’horizon, découvrir l’empreinte laissée par la gazelle, et toutes ces grandes choses qui procurent au terme de la randonnée la sasiété olfactive, visuelle, et sensorielle.
De beaux moments vécus dans les terres du Kaokoland avec les himbas. Celui de cet homme survenant de nulle part nous gratifiant de sa visite et acceptant de partager notre repas afin de s’enfoncer dans la nuit.
Ou encore se faire réveiller au son d’un clinquant et tonitruant MORO – MORO ( bonjour en Himba) et se retrouver nez à nez avec un homme qui vient demander un peu d’eau et à manger !
Croiser cette femme munie de toutes ses richesses: son enfant dans le dos, l’eau sur sa tête, parée de bijoux et portant un bois allumé à la main…. Image forte !
Autant de moments qui font la richesse du voyage… Visages croisés, sourires sincères, situations cocasses, villages typiques, émotions ressenties…
Peuple Himba, Kaokoland je vais revenir…. mais surtout je vous remercie.
Ce carnet de route n’est agrémenté d’aucune photo car je me suis sentie dans l’impossibilité la plus totale de photographier ce peuple.
Les plus beaux souvenirs sont ceux que l’on garde en mémoire !
Heureux voyages, belles découvertes à vous dans le Kaokoland berceau du peuple Himba.
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Elisabeth